Eglise Saint-Pierre de Petit-Palais

 

Historique :

"Aucun texte ne nous renseigne sur les origines de la construction de l'Eglise et son style seul, fait connaître qu'elle doit être l'oeuvre du troisième quart du XII siècle.

L'Eglise de Petit Palais fut assiégée et en partie renversée par les troupes du Vicomte de Turenne après la bataille de Coutras en 1587.

Le mur sud a été refait en maçonnerie négligée et d'importants contreforts furent appliqués contre la travée du clocher et le sanctuaire, enfin celui-ci fut modifié.

En 1844 comme on venait de restaurer la façade, l'architecte Paul Coureau dressa un devis pour tourner une voûte d'ogives sous la charpente apparente qui laissait passer le vent et le froid.

C'est en effet au XIXème que l'Eglise a été voûtée; puis, au XXème siècle l'architecte Rapine, restaura le portail, le clocher et fit à l'ensemble une suite de travaux judicieusement entrepris." 

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Description :

"L'Eglise comprend une nef unique de trois travées où descend à l'aide de quatre marches, une travée moins large qui remplace le transept et supporte la tour carrée du clocher central qu'un escalier à vis permet d'atteindre et une abside semi circulaire, précédée d'une légère déviation de l'axe vers le Nord.

La nef mesure, dans l'oeuvre, 15m50 jusqu'à l'axe des colonnes du choeur, sur 6m20 de largeur, le choeur, un peu moins large à 4m50 de profondeur, l'abside 6m50 de profondeur et une largeur de 5m40.

Les trois travées de la nef sont séparées par de hautes colonnes engagées contre un dosseret et qui étaient destinées à soutenir les entraits d'une charpente apparente, remplacée par des voûtes d'ogives modernes; ces colonnes portent les doubleaux.

Leurs chapiteaux sont garnis de feuilles d'acanthe ou de têtes saillantes. Les bases tronconiques sont cerclées de tores mol dégagés, au-dessus d'un socle hérissé de crochets d'angle; elles sont placées sur un stylobate qui fait le tour de l'Eglise."

"Dans chaque travées, une double arcature brisée repose, au milieu, sur des colonnettes de mêmes styles que les colonnes et, de chaque côté, sur l'imposte du dosseret.

L'archivolte est ornée de fruits ou de points de diamant; trois petites fenêtres, désaxées par rapport aux travées en raison de la retombée de l'arcature, éclairent le vaisseau.

On monte deux marches, sous une arcade brisée, pour parvenir à la travée du clocher qui, comme le choeur et pour la même raison, à reçu ses voûtes au XVIIème siècle.                         L'Abside semi-circulaire n'est éclairée que par une seule fenêtre en plein-cintre, percée entre deux colonnettes, dans l'axe du chevet.L'élévation septentrionale de la nef est soutenue par des contreforts rectangulaires à glacis coupés par un larmier, qui semblent remonter à l'époque de la construction et n'ont sans doute été modifiés que dans leur amortissement.Les murs latéraux furent rehaussées à l'époque moderne pour permettre de lancer la voûte. C'est certainement beaucoup plus tôt que l'abside fut, elle aussi, surélevée afin d'établir une chambre de défense ainsi que l’indiquent les meurtrières qui y furent ouvertes. Ce chevet est soutenu par deux minces contreforts-colonnes, aux chapiteaux lisses, dont les bases sont marquées par un simple tore qui cercle la partie inférieure du fût; mais au XVIIème siècle, des contreforts plats, plus importants, ont été établis.Sous les combles, des modillons lisses remplacent ceux qui représentaient le Dieu Priape et certains sujets grossiers.Le Clocher n'est qu'une tour carrée, ajourée à l'étage, au-dessus d'un bandeau plat, de baies en plein-cintre, une sur les faces nord et sud, deux sur les faces est et ouest, et récouverte d'un toit plat à quatre pentes.                         

La Façade :

" Le morceau le plus important de l'Eglise est la façade. Il est à noter que cette façade, à laquelle on a donné plus de développement que n'en comportait l'édifice, est trop large pour la nef.
Rappelons à l'attention certains motifs: le tireur d'épines, au-dessus et à droite de la porte et les deux lions d'allure tout orientale qui surmontent les fausses portes.                    

Cette composition d'architecture n'est pas absolument originale; d'autres façades ressemblent à celle-ci. Du moins, l'architecte de Petit Palais a traité ce thème avec une ampleur, une variété et un éclat qui valent à son oeuvre une renommée bien méritée.

C'est la plus riche des façades romanes de la Gironde. La décoration est faite de mille détails dispersés un peu partout: des tores en amande couverts de dents de loup, des postes, des arcs polybés des archivoltes sculptés, des chapiteaux de types multiples mains non historiés.
L'archivolte d'extrados de la porte montre aux naissances deux petits personnages, puis une file de chiens, de lièvres, d'oiseaux qui se poursuivent, semblables à ceux de St. Christophe des Bardes.
En haut, sur les côtes ou pignon, est une vigoureuse moulure qui partie des angles s'avance horizontalement vers le centre puis ressaute vers le ciel. Il y a là un souvenir de l'époque pré-romane où sur le fond des galbes, des moulures analogues dessinaient de grandes figures géométriques."                          

Monsieur André Ferrier a écrit dans le Nouvel Observateur No 41 du 24 août 1965: "A l'est de Bordeaux, perdue dans les vignes, exquise de poésie,de rythme et d'orientalisme ingénu, la plus ravissante façade d'église de campagne qui à mon goût soit en France: PETIT PALAIS"

Date de dernière mise à jour : 20/09/2018

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